CHILI
Le début du voyage en Argentine c'est ici

Dur, dur de quitter Elodie, Miguel et Lola après ces 5 jours magnifiques passés ensemble. Mais c'est aussi ça le voyage, savoir apprécier chaque instant, car on sait que cela n'a qu'un temps.
Eux remontent vers le nord, nous nous descendons vers le sud. Mais une chose est sûre, ici ou ailleurs, nous nous reverrons.
Pour nous une nouvelle aventure nous attend aujourd'hui, nous allons au Chili. En route, en plein vent nous voyons un petit bonhomme, en train de pousser son vélo. Nous nous arrêtons quelques mêtres plus loin, pour voir s'il n'a pas besoin d'aide.
Et là, c'est l'occasion de tirer un grand coup de chapeau, à tous ces voyageurs, qui parcourent ces routes sud américaines,...................... en vélo. (Daniel, Pierre et Myjo, entrainez vous, il y a de la concurrence par ici !!!). Et dire que l'on se plaint quand la route (quand c'est une route !) est monotone, qu' il y a du vent, ou que la piste est pourrie, mais nous, on a un moteur et un habitacle bien douillet.
Eux, des jambes, un coupe vent, et un sacré moral.
Chapeau bas, messieurs, dames (et oui il y a aussi des dames, qui pédalent).
Pour en revenir à notre petit bonhomme, il est anglais, tout seul, la soixantaine bien passée, une barbe de 10 jours, et poussait son vélo parce qu'à cause du vent, il n'avançait plus, il reculait ! Mais ça c'est pas grave nous a-t-il dit, car la route est bonne aujourd'hui, sur la piste d'avant, j'ai cassé tout le vélo. Il y a des jours meilleurs que d'autres ! (ça vous met dans l'ambiance)
- Et où allez vous, mon bon monsieur?
- Je vais à Ushuaia .
Une paille, Ushuaia est juste à 900 km de là.
Nous lui proposons donc de le rapprocher un poil, car nous on va bifurquer dans quelques kilometres vers le Chili. Non, non ça ira, si vous pouvez juste me donner un petit peu d'eau.
Avec plaisir, pour la peine, on lui offre le concombre, les yaourts aux céréales des loulous et les quelques kiwis qu'il nous reste. Il nous remercie quinze fois, parce que ça fait un moment qu'il n'a pas mangé de verdure comme il dit. Il en embrasse même le concombre. Nous venons apparemment de lui offrir son repas du soir. C'est sûr ce soir, il pensera à nous. Et nous à lui, quand on s'endormira bien au chaud sous notre couette.
Quelques kilometres plus loin, poste frontière argentin à .Cancha carrera, plûtot cool comme passage, Seb rentre dans une maison, qui s'avère être en fait la maison des douaniers, ils sont en train de jouer au ping pong ! Un quart d'heure plus tard, pas de soucis on peut sortir d'Argentine.
Chili, nous voilà.
Encore quelques kilometres plus loin, poste frontière chilien, ambiance plus stricte, paperasse à remplir puis visite du douanier dans Hari, pour inspecter notre frigo. Ici pas le droit de faire passer tout ce qui est laitage, beurre, fruits , légumes, viande. (petite pensée pour notre ami anglais, au moins ce n'aura pas été perdu pour tout le monde). Au final, le douanier nous laisse le peu de trucs qu'il nous reste (un fond de lait, un morceau de beurre, 2 oeufs et un paquet de fromage). On doit avoir une bonne tête !
Echange de quelques euros contre des pesos chiliens et là nous sommes riches !!!!! 100 euros = > 70 000 pesos chiliens ouahhhhhh. Trop de zéros, il va nous falloir un temps pour piger la conversion.
Allez en route, direction Torres del Paine (spéciale dédicace pour Mike!).
Et c'est à ce moment là que Seb a la bonne idée de me passer le volant (je le suspecte d'avoir préalablement demandé au douanier l'état de la route !!), les 70 km suivants sont une piste pas terrible, voire même carrément pénible, dommage parce que le paysage est magnifique. Et oui, ici les beaux endroits se méritent, c'est un moyen, comme un autre, de les protéger de l'afflux de touristes.
Arrivée comme d'habitude tardive, le guardeparque, nous autorise à bivouaquer au bord d'un lac. Ce soir nous avons vue sur les fameuses Torres (les 3 tours qui font la réputation du parc, et dont la photo s'étale dans tous les bouquins de voyage). Profitez en messieurs dames, c'est la dernière fois que vous les verrez. Et oui, doués comme nous sommes, on part de plus en plus à l'aventure, sans avoir potasser le guide avant (gwen , enfin, le guide si tu le lis aprés ça sert plus à grand chose! Ben si de savoir ce qu'on a raté!). A 6h du mat, il pleut, seb se prend un coup de flip :là où nous sommes garés, il y a, si on continue la route un pont, infranchissable pour les gros véhicules comme nous, et derrière nous une bonne montée en terre, que nous avions descendu la veille, si il pleut, on ne pourra plus repartir, nous sommes faits comme des rats. Branle bas de combat, on sort de là, et on avance un peu dans le parc.
Erreur stratégique !
La grosse averse tant redoutée s'avère être du pipi de chat, et 40 km plus loin soit deux heures de route après (vu l'état de la piste), on se rend compte que la partie de parc que nous venons de quitter, est en fait la seule d'où on puisse voir les trois tours. (Seb la prochaine fois que tu as une bonne idée à 6h du mat, surtout, tu fais comme moi, tu te la gardes !)
Nous sommes donc, dans un parc magnifique, où les randonneurs du monde entier viennent spécialement pour voir ces 3 fameuses torres, et bien nous, on ne fera donc pas comme tout le monde, notre touche à nous, c'est d'aller à Torres del paine et de ne justement pas voir les Torres (ou si peu). Beaucoup plus original, vous ne trouvez pas ?
Heureusement le parc, recèle de d'autres merveilles : les tres cuernos (les 3 cornes) impressionantes, que nous verrons par contre pour le coup sous toutes les coutures, des lacs d'un bleu turquoise somptueux, le glacier grey,......

Dans ce royaume de la randonnée, nous avons avec nous la championne du monde de la marche : mademoiselle Maëva et le champion du monde des râleurs : Mister Robin , qui est fatigué rien qu'à l'évocation du petite balade matinale, et qui dès qu'il met le nez dehors manque de s'envoler à cause du vent. Nous réussirons quand même, à le trainer à 2 reprises, sur les sentiers de randonnées. Bon c'est sur c'est pas cette fois ci, qu'on pourra faire le fameux W (randonnées de 6 à 7 jours qui va de refuges en refuges, vu la beauté du parc, même moi j'aurais pu me laisser tenter !).

des photos de Torres del Paine, cliquez ici
ça fait quelque jours que Seb me dit qu'il faut qu'on fasse réparer une des suspensions pneumatiques (nouveau bobo de Hari), car il n'a pas trouvé le matériel adequat pour le faire (on a juste le tuyau d'alimentation en air qui est sectionné !). Stresse pas seb, c'est que de l'air ! Et puis des suspensions pneumatiques, ça sert à quoi d'abord ?
J'aurai la réponse, à Torres del paine, quand un soir, où pour une fois nous sommes garés bien à plat, Hari a comme qui dirait une jambe plus courte que l'autre, il penche sérieusement d'un coté. C'est pas bon, ça !
Allez direction Puerto Natales, pour soigner Hari.
Ce sera chose faite en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Arrivés le samedi soir à 20h, on nous indique un réparateur de camion.
Seb explique rapidement la situation.
Ok pas de soucis je peux vous le faire, je fais le même type de réparation sur les camions pour le liquide de freinage !
Ok, vous pouvez le faire quand ?
Tout de suite si vous voulez, parce que demain ce sont les élections présidentielles et tout est fermé.
Et voilà, notre petit garagiste, qui réouvre son garage spécialement pour nous à 20H30, et qui nous fait un super boulot.
Merci à Mr Ovale, pour sa gentillesse et son efficacité. Hari va beaucoup mieux maintenant.
Après deux jours paisibles avec vue sur la mer et les Andes, nous quittons Puerto Natales ! Nous venons de recevoir un mail : Les Chajekat et Les Vadrouille en Combi, nous attendent à 560 km de là, en Argentine à Rio Grande !
Roule, roule Hari !
quelques photos de puerto Natales, c'est par là !
et comme toujours le coin des loulous, par ici!
Après ces deux semaines passées à la découverte de cette mythique contrèe du bout du monde, nous décidons d'aller voir ailleurs si le temps est meilleur.
N'oublions pas, nous sommes au bout du monde, quitter la Terre de Feu n'est pas de tout repos, c'est même en soit tout une aventure.
En ce premier jour de l'année 2010, en être prévoyant et organisé, que nous sommes !!! entièrement conscients des limites de Hari (et de ses records de lenteur sur la piste), maitrisant les passages de frontières et controle sanitaires qui nous attendent pour quitter cette ile, en n'oubliant pas pour autant la traversée du détroit de Magellan, et en ayant surtout ....................ras le bol de ce mauvais temps !!, en compagnie des Maricola, nous avançons un peu la route et bivouaquons le soir en bord de mer, près du poste frontière !!!! Y'a plus glamour, mais il y a pire aussi !!
L'organisation est en marche. Demain,
- levé 8h (oups, il va falloir faire sonner le reveil ! Seb, tu sais encore comment il marche ?),
- départ pour la famille en balade à 9h (à l'ouverture de la douane),
- suivi d'un départ des Maricola 2h plus tard (mais pourquoi, ils partent deux heures plus tard ceux là, ils n'ont pas de reveil ou quoi ?, non non, ils nous laissent un peu d'avance, et oui je vous l'ai dit, Hari bat des records de lenteur sur les pistes (mais n'est ce pas aussi le pilote qui souhaite préserver sa mécanique), Bill (le camion des maricola) est un sprinter mercedes 4X4, un bolide par rapport à nous.). Nous reviendrons quand même plus tard, sur les capacités de Hari, qui bien que lentnous épate de jour en jour !
- et comme ça tout ce beau monde se retrouve 2 postes frontières plus tard et 120 km de pistes plus loin, pour manger à 14 h, juste avant de prendre le bac.
- au maximum une heure après nous sommes de l'autre coté, et terminons tranquillement la route ensemble jusqu'à notre prochaine étape : le Parque Pali Aike au Chili où nous arriverons bien tranquillement en fin d'apres midi.
Et oui c'est beau de rêver (pour une fois qu'on avait prevu quelque chose), mais comme dans toute organisation bien huilée, il y a un grain de sable, qui fait déraillée la machine !
Premier grain de sable : 8h45, on se gare devant le poste de douane, embouteillage !!! Et oui en ce 2 janvier au matin, on ne peut pas dire que l'efficacité et la diligence soit les maitres mots coté douanes argentines. Résultat plus de deux heures plus tard, Seb revient d'une humeur execrable !!! (Seb, voit le bon coté, du coup en attendant, j'ai pu faire l'école aux loulous, nous n'avons finalement pas que perdu notre temps!!) Et dire que dans quelques kilometres, il faut passer la douane chilienne !
La frontière chilienne,( paperasse, passeports, importation du véhicule et controle sanitaire ), se passe somme toute sans encombre.
L'un dans l'autre nous avons tout de même 2h30 de retard sur notre planning initial. Bon c'est bon nous retrouverons les Maricola pour le gouter finalement !!!!
Effectivement 4h plus tard (120 km de pistes en 4h, pas mal non, là c'est bibi qui est de bonne humeur pusque c'est bibi qui a conduit), nous les retrouvons (et oui, leur petit bolide vert nous a déposé sur la piste), à l'embarcadère du bac pour le passage du détroit de Magellan.
Et là deuxième grain de sable : il y a quelques 2 ou 3 km de queue de camions, et voitures pour prendre le bac !!! On hésite quelques secondes à se poser là pour dormir, mais quitte à avoir une journée pourrie, autant se la pourrir jusqu'au bout et demain ça ira mieux.
Plus on se rapproche du fameux bac, plus on comprend pourquoi il y a cette satanée queue, le vent est tellement violent que les 2bacs qui font les rotations pour le passage du détroit, avancent en crabe et suivent un itinéraire pas possible (le zig zag, plutot que la ligne droite) pour atteindre l'autre rive qui se trouve à quelques kilometres de là. Ils manqueraient plus que l'on coule avec le bac, et ce serait une bonne entrée en matière pour 2010.
Nous réussirons finalement à embarquer aux environs de 20h soit 3 h après notre arrivée, 5h de retard sur notre planning !!! les plannings s'est fait pour être modifiés , adaptés, réorganisés, non ? on n'est pas mauvais alors).
A près un petit déj, non loin du poste frontière argentin ce matin, ce sera repas à la sortie du bac, non loin de l'embarcadère ; Ouahhh 2010 commence sous le signe du glamour !!!!!!
Conseil de guerre avec les Maricola, on dort là ? où on en termine avec 2h de route supplémentaire pour arriver au Parc ! Décision, Action. On couche les loulous ! et on se termine la route ou plutot pour changer un petit bout de route et de la piste !!!
Arrivée au final vers 23 h le soir, un petit peu à "taton", pour trouver où se poser pour dormir, crevés mais pas mécontents d'en avoir fini avec cette journée longue, longue, longue (14 h pour quitter la Terre de Feu et arriver au Parque Pali Aike, soit 250 km !! pas mal, peut mieux faire!)

Heureusement les jours qui suivent ne sont que bons moments de détente passés avec les Maricola.

Le parc très peu fréquenté est un havre de tranquilité (nous avons des guanacos et des choiques (sortes de petites autruches) pour voisins), contrairement à ce que son nom pourrait présagé : Pali Aike signifie pays du diable en langue telueche. Pays du diable parce que ancienne zone volcanique, parsemée de cratères, de champs de roche de lave, de grottes et de steppes arides. Pays du Diable peut être mais petit paradis pour nous, pour profiter de quelques jours supplémentaires passées ensemble.
Timoté et Maëva sont inséparables, seul Robin vient perturber leur tendre complicité (et oui il est un peu jaloux le Monsieur).
Le 5 Janvier, au revoir et à bientôt les amis, nous reprenons la route , pour les Maricola vers le Chili, pour nous vers l'Argentine où de nouvelles avnetures nous attendent sur la mythique Ruta 40..
les photos de Pali Aike c'est ici
ça y est c'est fait, nous venons de pulvériser, que dis-je, de litteralement atomiser notre propre record. C'est incroyable (comme dirait Nelson !). Mais notre record de quoi au fait ?...........................
160 km en 8h30 (10h si on inclut le déjeuner et le passage de frontière) pas mal, non ? Record de lenteur battu !
Mais qu'est ce que vous avez fait ? Vous avez roulé en marche arrière ? Vous tractiez une caravane ? Vous avez été bloqué derrière un troupeau de moutons pendant 100 bornes ?
Pas du tout, nous avons juste pris une petite piste (vous savez, ce qu'on pensait être un raccourci!) , dont les habitants du coin, nous avait dit qu'elle était mas o menos (plus ou moins, pour les nuls en espagnols) dans le même état que celle pour arriver jusqu'ici (donc? puisqu'on était arrivé jusque là et qu'on en redemandait, et bien on allait passer sans problème avec Hari).
En fait c'était plûtot menos, que mas ! Mais ça on ne le sait qu'une fois qu'on est passé !
Bon, alors vous regrettez d'être passé par là ?
NON ! (le voyage ça rend fou !)
Non, nous ne regrettons pas. Nous venons de faire la route la plus magnifique que nous ayons faîte depuis le début du voyage, certes pas la plus facile, mais la plus belle c'est sûr.
Et l'avantage de rouler à cette vitesse, c'est que l'on a le temps d'admirer, de savourer, de déguster !

Coté argentin, la piste qui mène, du village de lago Posadas à la frontière, traverse des paysages arides, certes mais parsemés de salines, de vallons, de rochers de couleurs ocres, de lacs et de vigognes, les quelques estancias que nous croisons, sont autant d'oasis, dans ce désert, avec en point de mire les Andes. De l'autre coté du Paso Roballos, c'est le Chili, Magnifique. Du vert, du jaune, du rouge, feu d'artifice de couleurs. Les Andes, avant d'être un barrière politique, sont un barrière climatique. Coté argentin, il y a le vent, coté Chilien c'est la pluie, d'où une végétation complétement différente d'un coté et de l'autre.
Les postes frontières argentins et chiliens distants d'une dizaine de kilomêtres sont perdus au milieu de nulle part. Il ne voient d'ailleurs pas passer grand monde par ici. La plupart des voyageurs passent au Chili quelques kilometres plus au nord par Chili Chico.,Du coup, à notre arrivée, les 4 douaniers (en fait il y en a un, et les 3 autres sont en formation ! et vous croyiez vraiment que c'est en voyant une voiture par jour, qu'ils vont se former ? c'est une punition, ou quoi ?), paraissent assez surpris de nous voir arriver là.
- Mais d'où venez vous ?
- Ben du Lago Pasodas.
- Mais par la piste ?
- Ben oui. (Non, non, nous avons pas été helitreuillés jusque là, ni déposé par de petits hommes verts)
- ça du être un peu long?
- un peu, mais c'était beau.
Et oui les douaniers n'en croient pas leur yeux, déjà la veille ils n'ont vu qu'une seule voiture, aujourd'hui nous sommes les premiers à passer par là , et en général ce sont des land rover ou des gros pick up mais pas des casa rodante (maisons roulantes, en espagnol) !
Le passage chilien se fait sans soucis aussi.
Comme dit précédemment changement décor, tout ici est plus vert car plus arrosé. Nous terminerons cette longue journée, par la traversée de la vallée Chacabuco, qui est le "Serengeti du cone sud", nous ne sommes pas encore aller au Serengeti (un jour viendra!), mais la Vallée Chacabuco est splendide, c'est d'ailleurs un futur parc national ! Et nous ferons nos premiers tours de roues sur la fameuse Carretera Austral pour rejoindre Cochrane.
Les photos du Paso Roballos, c'est par ici!

- Et c'est quoi le rythme de la Carretera ?
- Lent !
- Ok, c'est un rythme que nous maîtrisons, finalement !
La Carretera Austral est une "route" *,construite sous la régime du dictateur Pinochet, dans les années 80 (il aura fallu 20 tout de même) pour désenclaver la région de Puerto Mont à Villa O Higgins , 1240 km tout de même (certaines portions nécéssitent quand même des traversées en bateau au milieu des fjords et des glaciers).
* - par route , nous entendrons ici, toute portion de terre, de graviers ou de pierres permettant plus ou moins bien, le passage d'un véhicule -
C'est donc tout tranquillement que nous arrivons sur la Carretera (vous suivez ? après le passage du paso Robbalos et de la Valle Chacabuco soit 10h de pistes dans les roues), c'est sur pour être dans le rythme, nous sommes dans le rythme.

Dans ces paysages splendides et isolés, nous sommes étonnés de voir des affiches (du style affiche publicitaire, c'est pas tres commun par ici) "Patagonia Chilena Sin Represas" (Patagonie chilienne sans barrages). Cette région bien dotée en eau et en puissantes rivières est en effet menacée par la construction de barrages hydroelectriques (modifiant considérablement la géographie et raillant littérallement de la carte, en les engloutissant dans les eaux, certaines de ces contrées magnifiques) et de la construction de la plus longue ligne à haute tension du monde (plus de 2400 km de pylones à haute tension, pour acheminer l'électricité vers les citadins de Santiago et les régions minières).
C'est clair, "La planète est en danger" prend ici tout son sens et nous espérons bien que nous même et nos loulous, garderont dans un coin de nos têtes la splendeur de ce que nous avons, aujourd'hui, la chance d'admirer, quand nous reviendrons dans une maison où l'eau et l'électricité nous paraissent inépuisables.
Arrivée à Cochrane, village paisible, comme le sont les quelques uns qui longent la Carretera. Le temps semble passer, autrement par ici.
Dodo, tranquille un peu à l'écart de la ville.
Le lendemain ravitaillement, au supermarché du village qui sur une surface de 200 m² environ, vend des vélos, des pneus, du matériel de bricolage, du matériel pour tracteur voire engins de chantier, des vétements, de la vaisselle, tout ce qui peut se trouver dans un quincaillerie et ce qu'on pourrait aussi chercher dans une droguerie et accéssoirement ...................un petit peu d'alimentation. Fruits et légumes, ne sont pas monnaie courante par ici, il faut dire que l'approvisionnemnt n'est pas des plus facile. Tant pis, nous mangerons des pates ! (quand je vous dis qu'on va finir par en dégouter les loulous!).
De retour des courses, nous nous faisons accoster par des français (oui, il n'y a pas non plus masse de voyageurs par ici, alors un camping car étranger, garés sur la place du village, ça se remarque un petit peu). Nous même, nous voici, tout surpris. Les français en question, c'est tout d'abord Mat, Muriel et Will sac sur le dos, qui s'apprêtent à aller faire du stop à la sortie de la ville (Bon courage, les gars on ne peut pas dire qu'il y ait foule par ici) et Sara (petite pensée pour notre petite Sara à nous (et oui celle-ci aussi, c'est sans le h), qui arrive presqu'à la fin de son voyage avec son mari............................. Alaska - Ushuaia en........................................ vélo. Ouahhh, chapeau bas, une fois encore je m'incline devant ces exploits certes physiques mais surtout humain.
Eh Seb, surtout si un jour, je me reveille un matin en voulant faire le tour de je ne sais quoi en vélo, surtout............ dit moi, NON ! Pour une fois !
Bref, après séance papotage, déjeuner, aire de jeu pour les loulous où Mister Robin réussira à s'arracher un morceau d'ongle de l'orteil (Aie, ça fait mal, mais il est costaud notre loulou). Nous attaquons enfin cette fameuse Carretera.
Dès la sortie de la ville, qui ne voit-on pas sur le bord de la route ? Nos 3 auto-stoppeurs croisés 3 h plus tot (quand je vous disais qu'il n'y avait pas grand monde par ici).
Allez, HARI reprend sa carrière de Taxi Brousse, débutée sur la Ruta 40 et embarque à son bord Matthieu, Muriel et William. Il était de toute manière impossible pour nous de laisser, non seulement un compatriote mais qui plus est un ....................gersois dans la panade (et ici, énorme pensée pour Sandrine et Sophie, Viva le Gers, vous auriez adoré).
Les loulous sont aux anges, c'est non plus, une nounou (bien que la nounou en chef sur ce coup là, fut Muriel!), mais 3 qu'ils ont pour faire la route en cette fin d'après midi. Le top. Un début de Carretera mémorable pour nos loustics.
Pour nous les premiers KMs sur la Carretera de Cochrane à Puerto Bertrand sont somptueux, le long du Rio Baker (fleuve le plus puissant du Chili), d'une couleur bleu hallucinante, que nous admirons entre deux bavardages avec Mat le gersois et Will le grenoblois.
Nos nounous du jour trouvent une petite chambre à Puerto Bertrand, et nous un bivouac , pas très loin. C'est donc tous ensemble que nous passerons la soirée, dans Notre jardin, au bord du Rio Baker. Seb sort le pastis, et William, ce qui lui reste de génépy !!!!!!.
Les probabilités de rencontrer un gersois, au fin fond (et puis, bien au fond, pour le coup), de la Patagonie Chilienne, etaient bien minces mais un gersois en possession de Génépy (enfin merci à Will, le grenoblois sur le coup), là nous frolions le zéro.
Et bien, c'est fait, pour notre plus grand plaisir (Seb, va jouer au loto ! c'est notre jour de chance!). Nous passerons une excellente soirée et souhaitons bonne route à nos compagnons du jour.
Le voyage c'est aussi ça, des rencontres improblables, des soirées imprévues et improvisées, des moments partagés avec de parfaits inconnus quelques heures plus tôt, inconnu avec qui nous avons plein de choses à nous raconter finalement, ne serait ce que simplement parler de l'endroit où nous sommes ! Bref des échanges, du partage, du bonheur.

Le lendemain, nos amis d'hier, trouvent une voiture pour Chile Chico. Nous, nous poursuivons notre route. Nous longeons le Lago Général, plus vaste lac d'Amérique du Sud, après le lac Titicaca, décor superbe, du bleu, du bleu, un peu de vert et quelques touches de blanc sur les pics enneigés.
Arrivés à Puerto Tranquilo, (ah c'est sûr pour être tranquilo, c'est tranquilo). Il fait beau, nous décidons de nous attarder par ici.
Déjeuner dans la casa de comidas (c'est en fait une dame qui fait à manger dans sa cuisine et vous fait manger dans son salon, donc, avec ici, en bruit de fond, la télé avec au programme, "les feux de l'amour local", typique) , nous mangerons les meilleurs empanadas de tous les temps.

Après midi, tranquille au bord du lac, où les loulous parfont leur technique cycliste.
De toute manière, c'est sûr. Si c'est pas moi qui fait le tour de quelque part en vélo, ce sera Maëva. Depuis que nous avons eu quelques autostoppeurs, avec nous. Le port du sac à dos, avec sac de couchage devient très tendance dans Hari.
Les loulous, ne jouent plus à la maitresse ou au docteur, ils jouent qu'ils sont en voyage, qu'ils sont soit en vélo ou en moto, soit en stop et qu'ils espèrent bien trouver un endroit plat et abrité du vent pour monter la tente le soir.
A la question, qu'est ce que tu veux faire plus tard ? Si Maëva nous répond auto-stoppeur, il ne faudra pas s'étonner !!!!
Le lendemain, nous ferons une petite balade, en compagnie d'un couple de chiliens, sur le lac pour aller voir une des curiosités géologiques du coin : la chapelle de Marbre. Le vent et l'eau ont fait leur oeuvre. Trés beau.
Par contre, on ne nous avez pas dit que nous avions pris en option, la formule Aquasplash. Au retour, ayant le vent de face (vent patagonien, rappelez vous!), nous nous sommes fait litteralement rincés. Comme dit Seb, je ne savais pas que sur un lac il pouvait y avoir des creux de 2 metres !! En Patagonie, si ! Robin, nous la rejoue limite mal de mer comme à Valdes, mais tient le choc, Maëva est morte de rire. Au retour, trempés jusqu'au os, nous serons obligés de tous nous changer dans Hari , l'avantage, c'est qu'on a économisé de l'eau pour la douche !!
Nous reprenons notre lente remontée, dans l'aprés midi. Arrêt le soir à Cerro Castillo. Décidemment, elle nous plait tellement cette carretera qu'on s'arrête à tous les bleds. Quand je vous disais qu'on a pris le rythme.
Après un dodo paisible, avec vue sur le Cerro castillo (montagne du coin), petite balade pour aller voir une grotte où se trouvent des peintures rupestres (un guanaco et son petit ainsi que de nombreuses empreintes de mains). Les loulous se montrent tres curieux sur la présence de ces peintures par ici, et découvrent petit à petit que les indiens ont bien existé ( c'est pas seulement dans les dessins animés) et vivaient par ici.
Nous poursuivons notre route, nous retrouvons un petit bout d'asphalte, ouahh quel calme, dans Hari, plus de grincement , plus de vacarme, plus de tanguage, on s'entend parler, on dépasse le 25 km/h, ouahhhh, c'est sûr c'est plus confortable. Mais il n'y a pas à dire, l'asphalte enlève tout de même une partie de son charme et de sa beauté à cette route mythique.(Seb ne partage pas entièrement cet avis ! Ah bon !)
Nous arrivons à Coyhaique la prochaine ville (euhhh, la seule en fait, telle qu'on l'entend par chez nous) sur les 1200 km de cette Carretera, où nous attend un planning chargé pour le week end:
- trouver une connection internet digne de ce nom pour mettre à jour le site et répondre à nos mails (on pense à vous) (si possible du wifi non sécurisé, pour pouvoir le faire dans Hari, quand les loulous dorment, exigeants avec ça!)
- trouver un garage pour faire faire le parallélisme de Hari (un de nos pneu montre une usure singulière)
- faire une laverie.
- trouver un réparateur de vélo pour les vélos des loulous. (acheter des vélos d'occasion, a ses inconvénients :ça tient pas longtemps)
- faire un ravitaillement de viande, laitages et fruits et legumes (bref tout ce que nous n'avons quasiment pas mangé depuis près d'une semaine)
et oui chacun son stress !
Bilan de la journée. Top efficacité. Mission remplie à 100%. Hari marche à nouveau droit (le parrallelisme a révélé qu'il marchait quelque peu en canard ces derniers temps, mais maintenant tout est rentré dans l'ordre), et Robin a un nouveau vélo ( le réparateur de vélo a jugé préférable de lui en fabriquer un neuf avec trois vélos usagés que de remettre en état le sien ! échange standard et l'affaire est dans le sac), le linge sent le propre, le frigo est plein, et cette nuit la France aura de nos nouvelles et nous des siennes. Beau travail, les gars !
Le lendemain nous continuons notre remontée de la Carretera, avec un petit détour vers Puerto Cisnes, petit village de pecheurs à 35 km à l'écart de la Carretera, niché dans un fjord (déjà les bourgs croisés jusque là, vu l'état de la piste et les distances peuvent être largement considérés comme isolés, alors imaginez celui-ci, mais c'est justement cela qui nous attire).
Le coin est magnifique, la piste est pourrie, le village paisible, il fait beau, les loulous sont en moins de temps qu'il ne faut pour le dire en maillots de bain en train de barboter dans les eaux du ....................Pacifique !
Et oui, tout est sans cesse différent de tout ce qu'on peut imaginer, par ici : Le pacifique nous offre des eaux calmes et limpides alors que quelques jours auparavant nous avions des vagues et des creux de 2 m au bord d'un lac !
Tout est normal, nous sommes en Patagonie ! Un autre monde quoi ! Depuis près de 4 mois que nous la parcourons, on commence à s'habituer : surtout ne rien présager d'avance .
Cette région est unique au monde, belle entre toute, surprenante, reculée, dure, imprévisible, sauvage, extreme, contrastée, en un mot magique.

Après une nuit passée en bord de plage, bercée par les vaguelettes du Pacifique, et avec vue sur Puerto Cisnes, nous sommes prets à y attaquer la journée suivante, à ne rien faire sauf profiter du lieu. Hélas en début d'après midi, la pluie vient jouer les troubles fêtes, et nous décidons donc de reprendre un petit bout de route. Oups pardon de piste !

Nous entrons dans le Parc National Queulat. Et une fois de plus Surprise. Nous passons dans la même journée, des fjords Norvégiens à la forêt tropicale. En quelques kilomêtres, le décor change, couleur verte et végétation luxuriante prédominent, pluie et brumes sont aussi de la partie (mais ça fait partie du paysage), seule la température ne bouge pas : 10°. Autre surprise, Robin devant tant de nouveauté, reste subjugué et en oublie une petite envie. C'est donc au tout dernier moment que le petit bonhomme, dit de sa petite voix "fluette" :
- "Papa j'ai envie de faire Pipi"
- attends mon chéri, je ne peux pas m'arrêter (la Carretera à cet endroit là est à peine plus large qu'Hari, et pleine de courbes et virages), si c'est pressé va aux toilettes.
- non, je veux que tu t'arretes, sinon je vais en mettre partout (essayer donc de faire pipi debout, dans un bateau qui tangue, avec un vermicelle de contrebande et une cuvette qui vous arrive au bassin ! notre Robinou, reste humble sur ses capacités)
- attends un petit peu Robin, des que je peux je m'arrete.
- AAAAHHHHHHH, (cris, pleurs à l'arrière de Hari) ! ça coule !
Et voilà, Robin vient de faire Pipi par terre sur le beau plancher tout propre de Hari. De l'eau dehors, de l'eau dedans ! Une première ! La Carretera, c'est vraiment inoubliable !
Après cet intermède imprévu, arrivée assez tardive au parc où nous dormirons avec vue sur notre ami du lendemain, le Ventisquero Colgante.
Aujourd'hui au programme du jour : le glacier suspendu. Les loulous le guettent depuis les fenêtres de "leurs chambres", donc aujourd'hui nous irons le voir de plus pret. Pour ça un petite balade nous attend (2h30 de montée, 1H30 de descente !), au milieu de cette "forêt tropicale" sur un chemin revetu à 90% de cacabouillasse au grand bonheur de nos chérubins. A notre arrivée, en haut les loulous ont droit à des applaudissements, des sourires et des félicitations des quelques touristes chiliens qui nous ont doublé pendant l'ascension et qui n'en reviennent pas que deux petits loustics pareils, marchent aussi bien. (même Robin devient le pro de la balade, la Patagonie est décidemment magique!). Nous sommes de suite récompensés aussi par la vue : le glacier suspendu et ses 6 ou 7 cascades. Bien sur il reste moins impressionnant que le Périto Moréno, mais il a des points communs, même couleur bleutée, même grondement quand un bloc se détache.
Pique nique puis redescente dans la bonne humeur.
Le soir nous rencontrons les Chajekat et un couple de voyageurs suisses qui nous invitent à finir la soirée avec eux.
Nous partirons le lendemain, vers notre nouvelle destination Palena, bled perdu , à la frontière chilienne, où ce week end a lieu ................ un rodéo, en compagnie des Chajekat, qui décident de nous suivre.
Et nous emportons avec nous, de nouveaux autostoppeurs, ...................................................................les POUX.
Et oui, les poux sont parmi nous, sur la tête de Maëva. Génial ! Ceux là, on s'en serait bien passé !!! Apparemment seule notre schtroumfettes en a. c'est déjà ça. Un petit traitement (j'avais prévu le coup dans la trousse à pharmacie, bravo gwen) et ça s'en va ! (hyper efficace le traitement, je vous le conseille, PARANIX, avec PARANIX, aucun poux ne résiste !! et c'est vrai)
Par contre, hyper pratique de laver les draps, housse de coussin, habits, quand il pleut et qu'on n'a pas de machine à laver !!! On verra ça plus tard.
Malgré la brume et la pluie qui ne nous lache plus, arrêt en route pour bivouaquer au Lago Rooselot et à Puerto Ramirez (et oui toujours notre bon petit rythme tranquilou). Puis nous bifurquons vers la Palena.
ça y est, nous quittons la Carretera, plus de 10 jours sur cette piste de terre, ou de graviers, parfois de pierre et tres peu souvent d'asphalte, à longer les fjords, les montagnes au pics enneigés, les lacs d'un bleu irréel, à traverser "une forêt tropicale", à s'attarder dans ces villages isolés, ........................... Une Aventure dans l'Aventure.
Plus de photos de la Carretera Austral, c'est par là !
Ce week end grand Rodéo, à la Palena. Nous sommes là.
Arrivés le vendredi soir, dans ce petit village paumé, nous sommes accueillis comme des rois. Nous demandons quelques informations à l'office du tourisme. Et là festival,
- pour dormir, pas de soucis, vous pouvez dormir sur la place du village, comme ça vous aurez le Wifi, la douche chaude (et une Vrai douche chaude, c'est un vrai bonheur) et les toilettes (dans l'office du tourisme).
- pour manger, pas de soucis, il y a une petite dame qui prépare des empanadas succulents (après commande, elle viendra même nous les livrer dans Hari)
- pour le linge, pas de soucis, il n'y a pas de lavanderia par ici, mais je vous appelle quelqu'un qui pourra vous le faire (encore une fois, livraison à domicile, la dame viendra chercher et ramener le linge dans Hari le lendemain!)
- pour le rodéo, pas de soucis, vous pouvez y aller à pied (on a vue sur l'arène), et voici le programme du week-end. (propgramme qui ne nous servira à rien, car ici, on fait un peu comme on le sent, début 9h30, au bien non, si on commençait plutot à 11h, musiques folkloriques à midi, oh bien non ce sera plûtot pour ce soir, ........................, bref nous aurons du mal à avoir des infos fiables sur le déroulement des opérations mais c'est pas grave ça fait partie de l'ambiance).
- pour du spectacle, pas de soucis, non plus, les pompiers vont faire un exercice dans quelques minutes, vous pouvez y assister. (ouais ok, mais j'espère qu'il ne vont pas mettre le feu à Hari). Nous assisterons effectivement à l'exercice en question , et là, une vocation est née : Robin, qu'est ce tu voudras faire plus tard ? Pompier ! Notre loulou est un peu terrorisé par les flammes mais subjugué, impressioné, fasciné par ces héros en uniforme, en plus avec un casque, ouahhh, qui arrivent à éteindre le feu.
Voilà maintenant on sait, l'avenir de nos enfants est tracé !!!!!!! Robin sera pompier, Maêva autostoppeuse (cf plus haut) !
Nous passerons donc les deux jours suivants sur la place de ce tranquille village comme ci c'était notre jardin.
Bref, c'est immersion totale dans la culture chilienne et son sport national le Rodéo.
Pour nous, (pauvres petits ignorants), le rodéo, c'était des cow-boys qui montaient sur un taureau, et qui se chronométrait à celui qui parviendrait à y rester le plus longtemps, ou c'était toujours des cow-boys qui faisaient virevolter leur lasso pour attraper des vaches (c'est vrai , mais beaucoup plus au nord, aus USA). Ici, tout ceci, c'est une demi heure à la fin, pour amuser la galerie.
Le Rodéo, ici, ce sont des huasos (gauchos chiliens), fiers et dignes sur leur chevaux, qui par équipe de deux, doivent maitriser une vachette courant à vive allure dans l'arène, et la raccompagner tranquillement vers la sortie. Lui montrer qui est le chef, quoi !
C'est une véritable compétition, avec des phases qualificatives le samedi matin, apres midi et dimanche matin, et le grand tournoi le dimanche apres midi.
C'est une compétition, avec ses règles et son protocole. C'est une compétition avec ses champions. Et c'est une ambiance bonne enfant, avec tout de même, coup de sifflet pour le juge quand le public n'est pas d'accord avec son attribution de points (on est latin, ou on ne l'est pas!), et chauvinisme exarcerbé, quand ce sont les gauchos du coin qui concourrent. Nous ce qui nous impressionnera le plus, c'est la maîtrise et le dressage du cheval. Huaso et cheval ne font qu'un.
Un beau spectacle.
Plus de photos du rodéo de Palena, par ici !



Allez, maintenant qu'on s'est bien reposé, dans ces arenes, en route pour de noiuvelles aventures ..............................en Argentine!
Et comme toujours le coin des loustics !
Et comme si vous étiez "Maëva notre petite reportrice en direct du ventisquero Colgante"
Nous sommes au paso Pehuenche, bivouac de rêve, au mileiu de la cordillère des Andes, à 2500 m d'altitude, vue sur un lac bleue turquoise, au milieu de nulle part au pied de montagnes aux mille couleurs.

Les photos de cette route superbe et de ce bivouac magnifique du 26 février c'est ici
Au beau milieu de la nuit vers 3h30 , ça bouge. Nous sommes réveillés d'un coup. Mais qu'est ce qui fait trembler Hari comme ça ?
On attend un peu. C'est pas les enfants qui bougent. C'est pas le vent (ça fait au moins 150 000 fois que le vent nous ballote, et ça fait pas comme ça). Mais qu'est ce que c'est alors ?
Seb descend de la capucine, ouvre une fenêtre, rien, enfin si du bruit. Il ouvre la porte, pas plus. Il decide alors d'aller voir ce qu'il passe dehors . Moi , du haut de ma suite parentale, située au premier étage d'Hari, je continue à sentir Hari se balancer. Quelques secondes plus tard, qui m'ont paru une éternité, Seb revient, un brin affolé (Seb qui s'affole, c'est pas tous les jours, donc je le prends au sérieux),
- Gwen, habille toi, ça tremble et la montagne en face fait un bruit pas possible.
Je l'avoue je comprends pas tout. mais je m'habille et sors le rejoindre. Entre temps, ça ne tremble plus. Par contre c'est vrai un bruit de folie, et comme c'est pleine lune dehors, on voit clairement dans ce vacarme inquiétant de la fumée, ou bien est ce des énormes nuages de poussière qui s' échappent de la montagne.
- Bon alors c'est quoi ?
- Je sais pas, un glissement de terrain, un tremblement de terre, ou un volcan !
- Un volcan, c'est pas possible, s'il y avait un risque, ils ne nous auraient pas laissé passé par le Paso. Bon alors c'est un glissemnt de terrain qui fait vibrer le sol ou c'est un tremblement de terre qui fait glisser le terrain ?
Et nous on est là seul face au truc, et on attend que ça passe.
Il n'y a plus de tremblement depuis un moment, et petit à petit plus de fumée non plus.
Et on fait quoi maintenant ?
Pour le moment rien, trop dangereux de bouger en pleine nuit (la piste que nous devons emprunter est à flanc de falaise). On se tient prêt, c'est tout. Si tu veux, va te recoucher, et je te reveille des qu'il fait jour et ...................................on se casse !
J'essaierai, en vain de me rendormir. Seb, lui n'essaye même pas, il surveille la montagne.
Heureusemnt les loulous, eux comme à leur habitude dorment comme des bien heureux. Une vraie chance.
Voilà, nous ne savons pas bien à quoi nous venons d'assister, mais en tous les cas nous étions aux premières loges ! Et pour le coup on s'est senti bien Seuls au monde. (il est 5h11 du matin (et oui on ne dort toujours pas, alors pour faire passer l'attente, je tape ces quelques lignes).
Nous apprendrons le lendemain, qu'hélas nous n'avons pas rêvé, nous venons de vivre, un terrible tremblement de Terre (8,5 sur l'échelle de Richter), qui a fait des ravages à une centaine de km de là. Notre frayeur de la nuit n'est absolument rien à coté de ce que viennent de vivre les habitants de Talca, Constitution, Pelluhue, Cauquenes, Conception, Pichelemu, Dichato, Cobquecura, Talcahuano......
Le matin, tout est redevenu calme. La montagne que nous avons scrutée toute la nuit est toujours là. Quelques cailloux ont dévalé la pente, mais rien d'extraordinaire. Nous déjeunons, un peu soucieux tout de même. On essaye de pas trop montrer notre inquiétude au loulous.
On a décidé d'attendre pour partir, on aimerait bien voir passer une voiture pour être surs, que la piste n'est pas coupée à un endroit ou à un autre. Car vu la largeur de celle-ci, il sera impossible de faire demi-tour.
Un demi-heure après, une voiture de carabineros arrivent au loin. Seb les attend sur le bord de la piste, pour avoir des infos.
Il y a bien eu un tremblement de terre cette nuit.
Les carabineros vont jusqu'à la frontière argentine pour évaluer la situation dans ce secteur. Nous pouvons avancer jusqu'au prochain poste de carbineros. Ensuite la route est coupée, il va falloir attendre qu'elle soit dégagée.
Pour le moment nous ne sommes plus très inquiets (peut être, betement le fait qu'il fasse jour et de fait de savoir, que nous ne sommes plus seuls). Au poste frontière chilien, ils n'ont pas encore beaucoup d'infos, juste que la route est coupée, et qu'il faut attendre.
A midi, quand la route est enfin dégagée, un carabineros nous informe de la situation. Le tremblement de terre est de 8,5 sur l'échelle de Richter à Talca, à 100 km de là, point de passage obligé pour remonter à Santiago. Beaucoup de routes coupées, de ponts écroulés, …... ça va être compliqué de passer.
Renseigner vous à chaque poste de Carabineros si vous pouvez continuer, roulez doucement, soyez prudents.
Sur la route, la montagne est tombée par ci par là. Au fur et à mesure qu'on avance, on prend conscience de l'ampleur de la situation. Un petit peu normal qu'on ait flippé cette nuit. Plus on avance, de postes de police en postes de police et plus les nouvelles sont mauvaises.
On prend conscience aussi, que du coup, la nouvelle doit être connue en France et que notre famille doit s'inquiéter. Priorité N°1, les prévenir que tout va bien.
Impossible. Pas d'électricité, pas d'internet, pas de réseau téléphonique.
Inquiétude supplémentaire.
Arrivée à San clémente. La ville, pourtant qu'à quelques kilomêtres de Talca, a été relativement épargnée .
Les carabineros, nous conseille de rester là, devant le comissariat, pour la nuit. Ils nous surveillent et nous informeront demain de l'état de la route.
L'essence est déjà rationnée, on ne trouve plus d'eau nulle part. On part faire quelque courses au supermarché. Il est dans l'obscurité (plus d'électricité) et bondé. On déambule dans les rues de la ville entre le centre ville et le commissariat. Sur les trottoirs, des petits tas de tuiles, des morceaux de murs parfois, des zones sécurisées.
Devant le commissariat les chiliens font la queue pour essayer de téléphoner pour avoir des nouvelles. Nous sommes à quelques kms d'une des villes les plus touchées.
Inquiétude, certains raccrochent en larmes. Mauvaise nouvelle.
C'est horrible, on se sent impuissants, inutiles, …...........touristes.
Les loulous, eux, ont trouvé un copain : le comissaire du poste de police. Ils lui grimpent au pantalon, lui sautent dans les bras, lui tapent dans les mains. Nos loulous vont très bien, on leur a expliqué ce qui vebait de se passer sans trop les inquiéter apparemment. C'est une inquiétude de moins.
Nouvelle nuit quasi blanche pour moi (heureusement pour les loulous et seb, c'est gros dodo), entre les allers retours des voitures de police et pompiers dans la rue, et le film qui repasse dans la tête. Contre coup, je réalise la chance que nous avons, notre petite étoile est avec nous, je repense aussi à ces chiliens que nous avions croisé la veille au poste frontière et avec qui j'avais papoté pendant que Seb faisaient les formalités. Ils habitent à Talca. Comment vont-ils ? Je ne le saurais jamais. Je pense aussi à tous ces gens pas très loin qui vivent l'horreur.
Le lendemain matin, au réveil, petite réplique du tremblement de terre, quelques secondes, on attend que ça passe. Rien de grave ici.
Nous arrivons enfin à joindre la France depuis le commissariat. Soulagement de part et d'autres. Qu'est ce que ça fait du bien, dans ces moments là, d'entendre ceux que l'on aime.
Les carabineros nous previennent pour rallier Santiago, au moins 10h de route. On hésite. On ne sait pas trop à quoi s'attendre.
On part acheter le journal. 1/2 de file d'attente. Tout le monde a besoin de savoir.
Après avoir lu les infos, finalement nous prenons la route. Les files d'attente aux stations services sont énormes, devant les supermarchés aussi. Mais tout se passe dans le calme. En route, la seule aide immédiate, très modeste, que nous avons trouvé, sera d'embarquer des chiliens dans Hari pour leur avancer un peu la route. Ils vont à Talca, pour aider. L'un d'eux, nous dit que ce qui vient d'arriver est terrible et que tous les chiliens ont mal dans leur coeur.
On les dépose à l'entrée de Talca.
De là, on prend l'autoroute vers Santiago (nous n'aurons pas à passer par les zones les plus touchées). Finalement pour nous, la route se passera sans soucis. Certes l'autoroute a souffert par endroit, la chaussée est fissurée, voire retournée ou effondrée sur les cotés, des ponts sont tombés, mais on se rend compte à quel point les chiliens ont malheureusement l'habitude de ces situations (c'est le cinquième de magnitude supérieur à 7,2 qu'ils connaissent en 25 ans et le deuxième plus fort depuis 50 ans), tout est déjà sécurisé,les deviations sont déjà en place. Mais quel boulot pour reconstruire !

On arrivera finalement le soir même à quelques kilomètres de Santiago.
Lundi, ici dans ce village, la vie, reprend doucement son cours. De l'extérieur, très peu de signes de ce qui vient de se passer, : les guichets des banques ne fonctionnent plus (pour couronner le tout, Seb, sous le coup de l'émotion, sans doute, mélange nos codes de cartes bleues!!!, on est mal barré), pas d'eau, pas ou peu d'électricité. Les magasins, les restaurants ont réouverts, la plupart des postes à essence sont ravitaillés. Mais un même question revient souvent : « et vous, vous étiez où quand ça a tremblé ? »
Au jour, d'aujourd'hui le 2 Mars, dans les journaux chiliens, on parle de plus de 750 victimes et des milliers et des milliers d'habitations touchées. certains villages notamment en bord de mer sont entièrement détruits.
L'aéroport de Santiago étant fermé, et nos parents devant arriver Jeudi, ils ont trouvé un nouveau vol pour Samedi, nous partons les rejoindre à ....................................... Buenos Aires.
Le coin des loustics, c'est par là.
Pour être sur d'avoir l'itinéraire mis à jour sur la carte, cliquer sur F5
